Le marché immobilier de Québec est-il en train de changer ?

Alexandre BachCourtier immobilier résidentiel

03 sept. 2026


Le marché immobilier de Québec est-il enfin en train de changer ?


Plus de propriétés à vendre, moins de surenchère et des acheteurs qui peuvent enfin prendre un peu plus leur temps.

Après plusieurs années particulièrement intenses, le marché immobilier de Québec montre des signes de changement. Mais attention : ralentissement ne veut pas dire baisse des prix — ni marché d’acheteurs.


Depuis quelques années, on s’est presque habitué à entendre les mêmes histoires.

Une nouvelle propriété arrive sur le marché. Les visites s’enchaînent. Plusieurs promesses d’achat sont déposées. Quelques jours plus tard, elle est vendue — parfois bien au-dessus du prix demandé.

À Québec, cette réalité a marqué le marché immobilier des dernières années. La rareté des propriétés à vendre, combinée à une demande soutenue, a placé les vendeurs dans une position particulièrement avantageuse.

Mais depuis quelques mois, le portrait commence à changer.

Les propriétés à vendre sont plus nombreuses. Les acheteurs semblent un peu moins pressés. Les situations d’offres multiples sont moins systématiques. Et la pression qui poussait certains acheteurs à prendre des décisions très rapidement commence à s’atténuer.


Sommes-nous en train d’assister à un véritable changement de marché à Québec?

Oui… mais il faut apporter une nuance importante.


L’offre augmente enfin à Québec


C’est probablement le changement le plus important à surveiller actuellement.

Selon les plus récentes statistiques publiées par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), 1 993 propriétés résidentielles étaient inscrites à vendre dans la région métropolitaine de Québec en juillet 2026.

C’est une augmentation de 24 % par rapport à juillet 2025, et il s’agissait alors d’un cinquième mois consécutif de progression de l’inventaire.

Quelques mois plus tôt, les données du deuxième trimestre avaient déjà montré un changement de tendance : après neuf trimestres consécutifs de diminution, l’offre de propriétés avait finalement recommencé à augmenter.

Pour les acheteurs, c’est une excellente nouvelle.

Plus d’inventaire signifie généralement plus de choix et, surtout, un peu moins de pression pour prendre une décision précipitée.

Mais avant de conclure que le marché est soudainement devenu favorable aux acheteurs, il faut regarder l’autre côté de la médaille.

Même après cette hausse importante, il manque encore beaucoup de propriétés à vendre à Québec.

Au deuxième trimestre de 2026, l’inventaire résidentiel de la RMR de Québec demeurait 57 % inférieur à sa moyenne des dix années précédentes.

Autrement dit, l’offre remonte, mais elle part de très loin.


Source : APCIQ, statistiques résidentielles Centris, juillet et deuxième trimestre 2026.


Les ventes ralentissent… mais le marché demeure très actif


En juillet, 709 propriétés résidentielles ont changé de mains dans la RMR de Québec, soit une diminution de 4 % par rapport au même mois en 2025.

À première vue, on pourrait y voir un signe de faiblesse.

Mais ce chiffre mérite lui aussi d’être remis en contexte : le nombre de transactions enregistrées en juillet demeurait 19 % supérieur à la moyenne des dix dernières années.

Difficile, donc, de parler d’un marché au ralenti.

Il serait plus juste de parler d’un marché qui commence à retrouver un peu d’équilibre après une période exceptionnellement intense.


Et les différentes catégories de propriétés ne réagissent pas toutes de la même façon.

En juillet, les ventes d’unifamiliales étaient pratiquement stables par rapport à l’année précédente (-1 %), tandis que les ventes de copropriétés diminuaient de 14 %. Les plex, de leur côté, ont enregistré une hausse de 3 %.

Même constat lorsqu’on regarde les différents secteurs géographiques : la Rive-Sud affichait une hausse de 11 % des transactions, alors que celles-ci reculaient de 6 % dans l’agglomération de Québec et de 17 % dans la périphérie nord.


C’est une bonne démonstration d’une réalité que les statistiques générales peuvent parfois masquer :

il n’existe pas un seul marché immobilier à Québec.

Le marché d’une maison familiale à Sainte-Foy peut être très différent de celui d’un condo au centre-ville, d’un bungalow sur la Rive-Sud ou encore d’un plex dans Limoilou.


La surenchère commence-t-elle à perdre du terrain ?


Voilà probablement le changement que les acheteurs remarquent le plus.

L’APCIQ rapporte qu’en juillet, 20 % des maisons unifamiliales ont été vendues à un prix au moins 5 % supérieur au prix initialement demandé.

En mars, cette proportion atteignait environ 50 %.

La différence est considérable.

Cela ne signifie pas que les offres multiples ou la surenchère ont disparu. Une propriété recherchée, bien située, bien présentée et affichée au bon prix peut encore susciter énormément d’intérêt.

Mais la compétition semble moins généralisée qu’elle ne l’était il y a quelques mois.

Sur le terrain, cela se traduit par un marché où la stratégie redevient particulièrement importante.

Pour un acheteur, la meilleure approche n’est plus nécessairement de présumer automatiquement qu’il devra déposer une offre extrêmement agressive pour avoir une chance.

Et pour un vendeur, il devient plus risqué de tenir pour acquis que plusieurs acheteurs se présenteront simplement parce qu’une propriété est mise en marché.


Source : APCIQ, statistiques résidentielles Centris, juillet 2026.


Est-ce que les prix commencent à baisser?


C’est probablement la question que plusieurs acheteurs se posent.

Et pour l’instant, la réponse est non.


Le marché ralentit quelque peu, mais les prix ne sont pas pour autant en recul.

Au deuxième trimestre de 2026, dans la RMR de Québec, les prix médians des maisons unifamiliales et des copropriétés étaient tous deux 6 % plus élevés qu’un an auparavant, tandis que celui des plex avait progressé de 13 %.


Les données mensuelles de juillet montrent toutefois une progression plus modérée pour les maisons : le prix médian d’une unifamiliale s’établissait à 460 000 $, en hausse de seulement 1 % par rapport à juillet 2025.

Il faut être prudent lorsqu’on compare une donnée mensuelle à une statistique trimestrielle, mais une tendance semble néanmoins se dessiner : la pression sur les prix commence à s’atténuer à mesure que l’offre augmente.

Cela ne veut pas dire que les prix vont diminuer.

Cela signifie plutôt que les hausses extrêmement rapides auxquelles le marché de Québec nous a habitués pourraient devenir plus difficiles à maintenir si l’inventaire poursuit sa remontée.


Les propriétés se vendent-elles moins rapidement ?


Pas vraiment.

Et c’est un autre indice important pour comprendre pourquoi nous ne sommes pas encore dans un marché d’acheteurs.

En juillet, une maison unifamiliale se vendait en moyenne en 26 jours dans la RMR de Québec.

Pour les copropriétés, le délai moyen était de 33 jours, soit dix jours de moins qu’un an auparavant.

Quant aux plex, ils trouvaient preneur en seulement 22 jours en moyenne.

Ce ne sont certainement pas les caractéristiques d’un marché où les vendeurs doivent attendre des mois avant de trouver un acheteur.

Le changement actuel est donc subtil.

Il y a davantage de propriétés disponibles et un peu moins de frénésie, mais la demande demeure suffisamment forte pour absorber rapidement une bonne partie de cette nouvelle offre.


Les taux d’intérêt apportent aussi une certaine stabilité


Le financement demeure évidemment une partie importante de l’équation immobilière.

Le 2 septembre 2026, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %.

Il s’agit d’un niveau inchangé depuis octobre 2025.

Après les importantes variations de taux observées au cours des dernières années, cette période de stabilité permet aux acheteurs de planifier leur financement dans un environnement où le taux directeur est, du moins pour le moment, beaucoup plus prévisible.

Cela ne signifie évidemment pas que tous les taux hypothécaires sont stables ou qu’ils suivent directement le taux directeur : les taux variables et fixes réagissent à des facteurs différents.

Mais l’environnement actuel est certainement différent de celui où les ménages devaient composer avec des hausses rapides et successives du taux directeur.


Source : Banque du Canada, décision de politique monétaire du 2 septembre 2026.


Alors, sommes-nous maintenant dans un marché d’acheteurs ?


Non.

C’est probablement la conclusion la plus importante à retenir.

Le marché immobilier de Québec se détend, mais les données disponibles ne permettent pas encore de parler d’un véritable marché d’acheteurs.

L’inventaire demeure historiquement faible et l’APCIQ qualifie toujours les conditions de marché de fortement favorables aux vendeurs.


Par contre, le rapport de force commence à évoluer.

Et cette distinction est importante.

Pour les acheteurs, cela peut vouloir dire davantage de choix, un peu plus de temps pour analyser une propriété et, dans certaines situations, une meilleure capacité de négociation.

Pour les vendeurs, cela signifie qu’une bonne stratégie de mise en marché devient encore plus importante.

Le prix demandé, la présentation de la propriété, le moment de la mise en marché et la gestion des premières journées suivant l’affichage peuvent avoir beaucoup plus d’impact lorsque les acheteurs disposent de davantage d’alternatives.


Ce que je surveillerai cet automne


Les prochains mois seront particulièrement intéressants.

À mon avis, trois indicateurs méritent d’être suivis de près :


L’évolution du nombre de propriétés à vendre.

Si l’inventaire continue d’augmenter rapidement, le rapport de force pourrait continuer à se déplacer graduellement vers les acheteurs.


L’évolution des prix.

Une progression plus lente serait cohérente avec un marché qui se normalise. Une diminution soutenue constituerait toutefois un signal beaucoup plus important — et ce n’est pas ce que les données montrent actuellement.


La fréquence des offres multiples.

C’est probablement l’un des meilleurs indicateurs concrets de la pression exercée par la demande sur les propriétés les plus recherchées.

La prochaine décision de la Banque du Canada, prévue le 28 octobre, sera également à surveiller.


Un marché qui change… mais qui demeure solide


Après plusieurs années où les vendeurs détenaient presque toutes les cartes, le marché immobilier de Québec semble entrer dans une nouvelle phase.


L’offre augmente. La surenchère s’apaise. Les acheteurs peuvent parfois se permettre d’être plus sélectifs.

Mais il serait prématuré de parler d’un renversement complet du marché.

Les propriétés se vendent encore rapidement, l’inventaire demeure historiquement faible et les prix sont toujours supérieurs à ceux de l’année dernière.


Nous sommes donc davantage devant un rééquilibrage graduel que devant un retournement du marché.

Et dans ce genre d’environnement, les statistiques générales ne racontent qu’une partie de l’histoire.

La valeur d’une propriété et la stratégie à adopter dépendent énormément du secteur, du type d’immeuble, de sa gamme de prix et de la concurrence disponible au moment précis où une transaction est envisagée.


Vous songez à vendre ou à acheter dans la région de Québec?

Je peux vous aider à analyser votre situation à partir des données récentes de votre secteur et, surtout, des propriétés qui sont réellement en concurrence avec la vôtre ou avec celle que vous souhaitez acheter.


Parce qu’en immobilier, savoir que le marché change est utile.

Savoir comment en profiter, c’est encore mieux.


Sources:

Données de juillet 2026 — APCIQ⁠

Bilan du 2e trimestre 2026 — APCIQ⁠

Décisions sur le taux directeur — Banque du Canada⁠

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Écrit par Alexandre Bach

Courtier immobilier résidentiel